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Vallée de l’Eure : une rivière, des territoires. Projet collectif de recherche. Rapport intermédiaire 2024
Fabienne Dugast, Caroline Font, Gael Léon, Théophile Piau, Émilie Vautier Vautier, Vincent Viel

Vallée de l’Eure : une rivière, des territoires. Projet collectif de recherche. Rapport intermédiaire 2024

Science & Mathematics Published 2025 Verification Pending

Overview & Synopsis

Le PCR « Vallée de l’Eure : une rivière, des territoires » s’intéresse au bassin versant de l’Eure, sous bassin du système séquanien, encore assez peu étudié sur le plan archéologique, géoarchéologique et historique. Il se place dans la continuité des grands programmes lancés à partir des années 1990 sur l’étude des dynamiques de peuplement et de l’organisation spatiale des territoires, qui ne cessent de se multiplier pour développer des problématiques autour du rôle des sociétés dans les phénomènes de transmission et de changement des formes spatiales. Il intègre à ce titre au sein de ses réflexions aussi bien des études sur l’évolution de la morphologie des paysages que sur la formation des groupes culturels, pour tenter de mieux comprendre les dynamiques socio-environnementales qu’engendrent au cours du temps les interactions entre l’homme et son milieu, entre les sous-systèmes culturel et naturel. Le projet résulte d’une réflexion sur les réelles capacités documentaires d’un corpus donné en matière de reconstitution évolutive des paysages aussi bien naturels qu’anthropiques et sur les moyens à mettre en œuvre en termes d’efficacité et de pertinence pour pallier la discontinuité et le fractionnement de la donnée, toutes périodes et disciplines confondues. En s’inscrivant volontairement dans un contexte de faible documentation matérielle, le projet ouvre sur une approche exploratoire et prospective, aussi bien sur le plan scientifique que technologique. Au-delà de l’enrichissement du corpus – somme toute maigre – de gisements archéologiques et de sites identifiés sur le secteur, il vise à restituer les modalités de la construction des territoires et des patrimoines naturels, culturels et sociaux sur le temps long, en privilégiant le dialogue transchronologique et l’interdisciplinarité. Il met également en place une plateforme Web-SIG originale, dont l’objectif est non seulement de centraliser la collecte des données pluridisciplinaires de manière à pouvoir les croiser, mais aussi, en amont comme en aval, à aider à la réflexion et à la décision sur le terrain en matière de connaissance, de conservation et a fortiori d’aménagement et de gestion des risques de notre environnement historique et naturel, passé, actuel et futur. Dans la continuité des opérations de l’année 2023 menées en vallée moyenne de l’Eure, les investigations de terrain conduites en 2024 ont privilégié une analyse paysagère et régressive, mobilisant conjointement les approches géomatique, archéogéographique, géoarchéologique et géomorphologique. L’ouverture récente des données de l’IGN à très haute résolution spatiale et temporelle (BD ORTHO® HR et IRC, BD ORTHO® Historique, RGE ALTI® 1m, LiDAR HD) a offert la possibilité d’engager une relecture non-invasive et systématique de l’évolution des paysages ruraux de l’Eure moyenne. Le déploiement d’une approche méthodologique (télédétection, photo-interprétation, géomatique) fondée sur l’analyse croisée d’une grande diversité de sources de données a notamment permis : (1) la génération d’images multi-bandes combinant plusieurs techniques de visualisation (Hillshade, Local Dominance, Openness, Simple Local Relief Model, Sky-view Factor, Slope) du modèle numérique de terrain (MNT) dérivé des levés LIDAR HD et, (2) la mise en œuvre de protocoles de détection et de vectorisation automatisés d’anomalies micro-topographiques via une approche deep learning [Partie II]. Ce travail a plus largement fait émerger un ensemble de marqueurs archéologiques dans des contextes géomorphologiques variés, en milieu ouvert comme intra-forestier – exploitations agricoles, sites d’habitat, ensembles funéraires et cultuels, noyaux fortifiés, éperons barrés, systèmes parcellaires fossiles, chemins –, mais dont l’acuité chronologique et la complexité d’emboitement scalaire restent à préciser. Afin d’enrichir l’analyse diachronique des « réseaux » d’agencement de ces territoires anciens, il est apparu indispensable de replacer l’ensemble des faits planimétriques et des marqueurs archéologiques au sein des trames parcellaires consignées sur les documents cartographiques du début du XIXe siècle. L’exploitation des données géohistoriques, et en particulier les cartes anciennes et le dépouillement d’archives, a ainsi ouvert la voie à une 1re analyse régressive des formes parcellaires et des modelés agraires. La vectorisation de ces données reportée sur la portion euroise du secteur d’étude offre à ce titre un premier cadre d’étude sur l’évolution des structures paysagères en lien avec les réseaux viaires et les dynamiques de l’occupation du sol sur les périodes contemporaines à modernes [Partie III]. Un travail similaire a été entamé au sein du bassin versant du Radon où la reconstitution diachronique des structures paysagères à travers le prisme d’une approche archéogéographique [Rapport 2023] est mise en perspective avec une étude systématique des remblaiements sédimentaires alluviaux à l’échelle du bassin versant du Radon. La géométrie, l’épaisseur et la distribution spatiale des stocks sédimentaires alluviaux ont ainsi été appréhendés à l’aide de 10 transects stratigraphiques positionnés sur l’ensemble de ce sous-bassin, des vallons élémentaires jusqu’au fond de vallée principal. Ces sondages, complétés par 4 datations 14C – 32 échantillons ont été prélevés pour des datations radiocarbones et sont en cours d’analyse –, fournissent d’ores et déjà une estimation a minima des volumes sédimentaires alluviaux et de l’érosion spécifique à l’échelle de cette surface d’alimentation en eau (0,058 Mt/km2). Ils offrent également une chronologie de la mise en place des premiers apports limoneux au sein du bassin, en accord avec les grandes phases de l’occupation humaine du secteur (enclos protohistoriques, sanctuaires d’époque romaine, nécropoles et habitats mérovingiens, commanderie médiévale) [Partie IV]. L’ensemble des données obtenues ont été in fine mises en commun sur la plateforme Web-SIG du PCR, dont la structure a été modifiée afin d’offrir une plus grande souplesse dans la saisie des données et leurs interprétations en s’affranchissant d’une structuration fixiste, généralement propre à chacun des champs disciplinaires mobilisés (archéologie, histoire, géographie, géosciences). Le décloisonnement disciplinaire a été privilégié afin de permettre à l’ensemble des participants – spécialistes comme non-spécialistes – de prendre en main et d’enrichir aisément le corpus de marqueurs géo- et archéologiques via un formulaire d’enregistrement simplifié sous QField. Cette nouvelle structuration des données, questionnée et repensée afin de favoriser le dialogue interdisciplinaire et transchronologique, ouvre désormais sur de nombreuses perspectives de recherche, à l’interface entre sciences fondamentales et démarche citoyenne [Partie V].

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Document Information

Document Title Vallée de l’Eure : une rivière, des territoires. Projet collectif de recherche. Rapport intermédiaire 2024
Author / Organization Fabienne Dugast, Caroline Font, Gael Léon, Théophile Piau, Émilie Vautier Vautier, Vincent Viel
Subject & Discipline Multidisciplinary Academic Open Research
Categories Science & Mathematics
Publication Year 2025
License / Rights Open Access / Creative Commons
Resource Verification Listed PDF (Verification Pending)
Original Host Website HAL Open Science (hal.science)
File Format application/pdf (Portable Document Format)
Language EN
Catalog ID DOC-218325
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