Le dialogue des logiques : une autre évaluation du travail social
Overview & Synopsis
Ma recherche se réalise depuis plus d'un an, dans le cadre d'une convention CIFRE, à la caisse d'allocations familiales des Bouches du Rhône (Caf 13). Le projet de la Caf avec lequel s'articule mon activité de travail ambitionne d'évaluer le travail social. Le secteur d'ingénierie sociale dans lequel j'interviens, souhaite proposer une évaluation complexe, c'est-à-dire à la fois quantitative et qualitative. Ma participation est attendue sur ce dernier point. Un premier questionnement émerge alors : que doit-on évaluer dans le travail social ? Que doit-on évaluer du travail social ? Qu'est-ce qui a déjà été évalué et comment ? De prime abord, la question de l'évaluation du travail social interroge par la division binaire du sens que suggère la formule. Deux logiques sont posées côte à côte : une logique gestionnaire du travail social (on est obligé de gérer le travail, de l'organiser) et une logique politique sous-tendue par un système de valeurs. Une visée économique semble également se renforcer : on parle de plus en plus de marchandisation du travail social. Or si la logique gestionnaire tend vers l'économique, les notions de rentabilité sous-entendues se heurtent alors à la visée politiques du travail social. Aussi, plutôt que de considérer la question de l’évaluation du travail social de façon dichotomique, je choisi de l’appréhender de manière dialogique au sens où Edgar Morin le définit, c’est-à-dire comme une « unité complexe entre deux logiques, entités ou instances complémentaires, concurrentes et antagonistes qui se nourrissent l’une de l’autre, se complètent, mais aussi s’opposent et se combattent ». La méthodologie retenue pour mener cette mission se base sur la démarche ergologique, démarche philosophique qui s’intéresse à l’activité conçue comme mobilisation de l’être dans son ensemble au travers des convocations théoriques, conceptuelles, disciplinaires d’une part, mais également par l’intégration des savoirs investis, ceux issus de l’expérience d’autre part. La connaissance du travail procède donc à la mise en tension des procédures et de l’activité singulière. La mise en mots des savoirs investis dans la réalité est un travail qui exige l’application de méthodes particulières : l’auto-confrontation, l’observation, l’instruction au sosie en sont des exemples. La méthode retenue ici est la mise en œuvre de Groupes de Rencontres du Travail (GRT). Celle-ci permet de travailler l’entre nous par une montée progressive et itérative, partant de la réalité pour tendre vers l’abstraction de la généralité sans toutefois nier les particularités. L’idée du GRT c’est de partir du vécu au travail et de pouvoir remonter à ce qui a précédé l’agir, c’est-à-dire le choix ultime pour connaitre, comprendre et agir sur les déterminants. Qualifier de qualitative l’évaluation du travail social c’est proposer d’apprécier la manière dont il se déploie au sein de l’institution, soit les manières de le « faire ». Cette évaluation se réalise à partir de l’analyse pluridisciplinaire des situations de travail de ceux qui font le travail social.
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Document Information
| Document Title | Le dialogue des logiques : une autre évaluation du travail social |
|---|---|
| Author / Organization | Ingrid Dromard-Fouchecourt |
| Subject & Discipline | Multidisciplinary Academic Open Research |
| Categories | Science & Mathematics |
| Publication Year | 2015 |
| License / Rights | Open Access / Creative Commons |
| Resource Verification | Listed PDF (Verification Pending) |
| Original Host Website |
HAL Open Science
(hal.science)
|
| File Format | application/pdf (Portable Document Format) |
| Language | EN |
| Catalog ID | DOC-49851 |
| Original Source Link | Visit Source Page on hal.science » |